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Vente des eaux en sachets au Mali : Consommer une eau non sûre et avec des risques

Vendre de l’eau en sachets est une activité commerciale courante en Afrique de l’Ouest, notamment dans les grandes villes du Mali et même dans les zones rurales. Les vendeurs versent l’eau destinée à la consommation humaine dans de petits sachets plastiques d’une capacité d’un demi-litre qu’ils vendent ensuite au prix de 25 à 50 francs CFA l’unité. Ce produit de proximité supplée à la pénurie, voire à l’absence d’eau potable dans les lieux publics.

A vue, les sachets d’eau inspirent confiance. Leur emballage est rassurant et leur prix, un peu plus élevé que celui des autres sachets, fait croire que le produit est de meilleure qualité. Sans compter que les producteurs ne manquent pas d’imagination dans leurs slogans publicitaires pour appâter le consommateur. Toutes ces raisons font que nombre de nos compatriotes préfèrent acheter des sachets d’eau de 25 à 50 centilitres quand ils veulent se désaltérer. Aujourd’hui c’est devenu la mode au niveau des cérémonies familiales.

Les sachets d’eau ont envahi les rues et les places de marché, les écoles et les collèges, les aires de jeux et autres lieux publics où ils se vendent comme des cacahuètes. Par camions entiers et par vélos, ils sont distribués aux quatre coins des villes et même au-delà. Les Maliens dégustent un ou plusieurs sachets d’eau par jour, soit pour étancher la soif, ou pour « arroser » un repas ou encore pour se laver les mains après le repas. Le mode d’emploi est tout simple : porter l’un des bouts du sachet d’eau à la bouche, le percer d’un coup de dents, siphonner le précieux liquide à satiété.

Cependant, les producteurs et distributeurs rivalisent d’imagination pour attirer le chaland au moyen d’étiquetages aussi fantaisistes que trompeurs. Les eaux en sachets sont donc devenues aujourd’hui un produit de grande consommation. Et l’on peut dire sans exagérer qu’au Mali, en tout cas ce marché est non seulement en pleine explosion mais qu’il est aussi hautement lucratif.

C’est inutile de préciser que ce marché échappe à tout contrôle de l’État, faute de réglementation ou parce que les règlements existants ne sont pas respectés.

Le contrôle sanitaire des eaux n’est pas (souvent) assuré et les producteurs ne sont pas (tous) enregistrés au registre de commerce. Le contrôle sanitaire des eaux n’est pas (souvent) assuré et les producteurs ne sont pas (tous) disposés à effectuer les analyses régulières. En effet, la qualité de l’eau potable est soumise à deux types de contrôles :- d’abord un contrôle officiel, ponctuel, qui relève de la compétence des pouvoirs publics. Il s’agit là du contrôle réglementaire fondamental ; – ensuite une auto surveillance permanente par les exploitants de leurs services de distribution.

Le hic est que les eaux en sachets ne sont pas sûres. Il faut le savoir : l’eau utilisée peut être impropre à la consommation humaine (eau non traitée de puits, de robinet, etc.) ; l’eau peut être souillée par le manque d’hygiène, par des contenants impropres, par la main sale ou par la poussière ; la qualité de l’eau en sachet se dégrade rapidement avec un système de stockage inadéquat dans les boutiques. En conséquence, des cas d’intoxication, bactérienne ou chimique, à grande échelle par la consommation d’eaux en sachets ne sont pas à écarter en raison de l’insalubrité ambiante. Faut – il le rappeler, l’eau non potable est source d’un grand nombre de maladies (diarrhée, choléra, etc.). Louis Pasteur (1822-1895) l’avait déjà compris en avertissant que : « Nous buvons 90% de nos maladies ». Nous devons faire très attention à la qualité de l’eau que nous buvons.

Au-delà de l’aspect sanitaire se pose la question environnementale. En effet après la consommation de l’eau, des centaines de milliers de sachets en plastic de mauvaise qualité recouvrent le sol en attendant soit d’être incinérés (ils libèrent des émanations et des cendres toxiques) soit d’être entraînés dans les écosystèmes aquatiques.

En définitive, et si l’on ne veut pas que ce marché des eaux en sachets « s’informalise » et se généralise à tout le pays, il faudrait alors informer et éduquer sans tarder le citoyen sur les risques de consommer une eau non sûre, réactiver la réglementation sur la vente d’eaux en sachets, procéder à des contrôles de qualité tout au long des processus de production et de distribution, assurer l’assainissement du milieu par le ramassage des sachets usagés. Sans quoi les eaux en sachets coûteront de plus en plus cher aux services de santé, aux contribuables et à l’environnement.

Mamadou Dolo

doloyabara91@yahoo.fr

Info@sept du 08 Juillet 2019

 

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