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  Situation du pays
Attente des résultats du second tour de la présidentielle malienne : Un faux suspense sur fond de méfiance

Après le second tour de la présidentielle qui s’est déroulé, le 12 août dernier, au Mali, l’heure est au décompte des voix, bureau de vote par bureau de vote, comme l’ont recommandé les observateurs internationaux. Ce qui veut dire qu’il faudra encore attendre quelques jours pour savoir qui de Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et de Soumaïla Cissé alias Soumi l’emportera, même si pour beaucoup d’observateurs, le président sortant sera, sans conteste, réélu. On attend de voir. Mais pour l’instant, l’heure n’est pas à la sérénité. Car, six membres de l’équipe de communication du candidat de l’opposition, Soumaïla Cissé, ont été interpellés et placés en garde à vue en plein second tour. Cinq des six hommes dont quatre Français ont été relâchés sans aucune poursuite.

C’est du moins ce qu’a déclaré le ministre de la de la Sécurité publique, le général Salif Traoré, au cours d’une conférence de presse animée hier, 13 août 2018, pour faire le point sur le déroulement du scrutin, se refusant, toutefois, de préciser les motifs de cette interpellation qui ressemble pour certains à une cabale. Ont-ils tort de le penser ? Assurément non ! Car on se rappelle encore que peu avant le premier tour de la présidentielle, quatre autres personnes avaient été alpaguées à l’aéroport international de Bamako, accusées d’être des mercenaires étrangers recrutés par Soumi en vue de destabiliser le pays en cas de défaite ? Vrai ou faux ? Difficile d’y répondre. Mais à en croire certaines sources sécuritaires, il s’agissait d’anciens militaires serbes reconvertis au journalisme qui venaient couvrir les élections au Mali.

En tout cas, dans ce climat de méfiance généralisée, il faut se garder de donner le bon Dieu sans confession à un homme politique. C’est pourquoi dans un cas comme dans l’autre, il faut souhaiter que l’enquête ouverte par le parquet puisse permettre de faire toute la lumière sur ces séries d’interpellations ; histoire de rassurer l’opinion nationale et internationale.

Certes, le ministre de la Sécurité publique a affirmé à qui veut l’entendre que ces interpellations tous azimuts « n’avaient absolument rien à voir avec le candidat Cissé », mais beaucoup de Maliens restent encore sceptiques. De toute évidence, il faudra tout faire pour que, même après la proclamation officielle des résultats, prévale à toute épreuve l’esprit de fair-play et de fraternité de sorte que le vainqueur et le vaincu se donnent la main.

Car, il faut le dire, le Mali revient de loin si fait qu’il n’a pas besoin d’une crise postélectorale qui pourrait ouvrir le boulevard aux djihadistes prêts à exploiter la moindre occasion pour semer des troubles. Cela dit, pouvoir et opposition sont interpellés. Seul doit primer l’intérêt supérieur du peuple malien ; lui qui, de guerre lasse, aspire à un mieux-être.

B.O

Lepays.bf du 13 Aout 2018

 

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